« En sortant d'une longue et douce rêverie, en me voyant entouré de verdure, de fleurs, d'oiseaux, et laissant errer mes yeux au loin sur les romanesques rivages qui bordaient une vaste étendue d'eau claire et cristalline, j'assimilais à mes fictions tous ces aimables objets ; et me trouvant enfin ramené par degrés à moi-même et à ce qui m’entourait, je ne pouvais marquer le point de séparation des fictions aux réalités ; tant tout concourait également à me rendre chère la vie recueillie et solitaire que je menais dans ce beau séjour ». Jean-Jacques Rousseau - Les rêveries du promeneur solitaire -1776-1778.
J'aime les marcheurs solitaires. J'en fais d'ailleurs partie. Une communauté d'inconnus. J'imagine leurs vies, leurs pensées, leurs rêveries.
Le temps passe, mais les méditations philosophiques de Rousseau sont toujours d'actualité. Dans la solitude, la nature nous ressource. Elle offre la possibilité de se mettre en marche, en dehors de la société, pour s'autoriser à rêver et revenir à sa propre essence.
Retrouver le sentiment d'exister.
La nature est tout autant ouverture au monde et qu' à soi-même. Chacun dans son intimité secrète dont l’observateur ne peut que supposer les rêveries.
Pour ces travaux, je trouve l'inspiration dans les peintures romantiques et impressionnistes du XIX siècle, héritières des réflexions des Lumières. Je joue avec les textures et la surimpression sans frontières entre rêve et réalité.
(extraits du projet)